Soumission chimique : reconnaître les signes et se protéger

La soumission chimique consiste à administrer une substance à une personne à son insu (ou sous la contrainte), dans le but de l’affaiblir, de la rendre vulnérable ou de commettre une agression — souvent sexuelle. On parle de “vulnérabilité chimique” lorsque la personne a volontairement consommé de l’alcool ou une substance, mais qu’une autre personne profite de son état pour l’agresser.
Les substances utilisées
D’après l’enquête nationale de l’ANSM, la substance la plus souvent en cause est un médicament détourné de son usage (antihistaminique, sédatif, benzodiazépine, antidépresseur, opioïde, kétamine…), mais des substances non médicamenteuses sont aussi utilisées : MDMA, cocaïne, 3-MMC, GHB/GBL ou alcool. Le MDMA a d’ailleurs été identifié comme la substance la plus fréquemment en cause deux années de suite dans cette enquête.
Les signes qui doivent alerter
Une sensation d’ivresse très supérieure à ce qui est habituel pour la quantité consommée, un endormissement brutal et inhabituel, des trous de mémoire, une désinhibition ou une confusion qui ne correspondent pas au produit pris consciemment, des nausées soudaines et intenses : ce sont des signes qui doivent alerter, chez soi ou chez un·e proche.
Se protéger et protéger ses proches
- Ne jamais laisser son verre sans surveillance, y compris pour aller danser ou aux toilettes ; ne pas reprendre un verre qu’on a quitté des yeux.
- Refuser un verre déjà servi par une personne qu’on ne connaît pas.
- Mettre en place un système d’entraide dans le groupe (“buddy system”) : une ou plusieurs personnes du groupe restent attentives à l’état des autres pendant la soirée, et savent réagir en cas de signe inhabituel.
- Si un·e proche présente un état de conscience anormal par rapport à ce qu’iel a consommé sciemment, ne pas le/la laisser seul·e, ne pas le/la laisser repartir seul·e ou avec une personne inconnue.
- En cas de signe de gravité (perte de conscience, respiration anormale), c’est une urgence : voir notre page Urgence et appeler le 15.
Que faire en cas de suspicion, après coup
- Se rendre aux urgences ou dans un commissariat/une gendarmerie le plus rapidement possible : certaines substances ne sont détectables que quelques heures dans le sang ou les urines, la rapidité change tout pour les preuves toxicologiques.
- Ne pas se laver ni changer de vêtements avant un éventuel prélèvement, si une agression est suspectée, pour préserver d’éventuelles preuves.
- Se faire accompagner : par un·e proche, une association d’aide aux victimes, ou en appelant Drogues Info Service (0 800 23 13 13) pour être orienté·e.
- Ce n’est jamais la faute de la personne qui en a été victime, quelle que soit sa consommation par ailleurs.
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